7 idées fausses sur l’écurie active

écurie active le vrai du faux

Des chevaux qui vivent en liberté, contrôlés par des automates robotisés, en troupeau et sans intervention humaine : voilà le mythe que l’on retrouve souvent sur l’écurie active. Et si vous vous trompiez du tout au tout ?

En apparence, on pourrait y voir un modèle de science-fiction contre nature. Mais si de plus en plus de propriétaires s’y mettent, ce n’est pas par effet de mode ou curiosité futuriste… Dans les faits, l’écurie active est la forme la plus adaptée à la vraie nature du cheval. Mais sauriez-vous dire pourquoi ? Testez-vous avec ces 7 idées reçues que l’on entend encore très régulièrement sur l’écurie active.  

1 – On y traite les chevaux comme des numéros

Beaucoup de gens ont peur de l’écurie active, parce qu’ils imaginent un « monitoring » des chevaux comme dans un élevage de bétail industriel. Un concept inquiétant, où le groupe est livré à lui-même, sous le regard des caméras. Cette image traumatisante est très – très – loin de la réalité. Dans les faits, l’automatisation ne concerne que certaines tâches bien précises au sein de l’écurie, et toujours au service du bien-être du cheval.

Le logiciel de contrôle vous permet par exemple de savoir quels chevaux sont venus manger, quand, ou encore quelle ration ils ont prise, in fine d’analyser le comportement et les besoins de chaque individu pour mieux les comprendre. Les automates offrent à la fois un environnement protégé et pratique pour permettre une plus grande liberté de l’animal, et une source d’information importante pour pouvoir étudier chaque cas particulier et leur offrir un confort de vie sur-mesure.

2 – Si je ne nourris pas mes chevaux moi-même, je perds du temps de qualité avec eux

Dans la logique du raisonnement précédent, on entend souvent répéter cet argument selon lequel les automates enlèveraient du temps de qualité auprès des chevaux au quotidien. Sauf que cet argument part d’un constat un peu erroné. En effet, le moment où on vient nourrir les chevaux au box est rarement un moment privilégié. Les chevaux sont plutôt énervés, ils s’impatientent vite et on finit par effectuer un contrôle rapide, du coin de l’œil, sur les individus les plus agités.

En écurie active, au contraire, en supprimant les tâches de nourrissage au box, vous vous libérez un vrai temps d’observation et de partage avec vos chevaux, dans leur vraie nature. De nombreux propriétaires qui viennent de passer en écurie active nous disent d’ailleurs qu’ils passent beaucoup plus de temps à regarder vivre leurs chevaux. « J’ai l’impression de les redécouvrir », voilà la phrase qui revient le plus souvent.

3 – Il faut une très grande surface pour une écurie active

Oui, c’est une évidence, il faut une très grande surface… Si on part du principe qu’une écurie active se conçoit sur la même base qu’un pâturage (la fameuse notion d’un hectare par cheval).

Si l’on confond souvent les deux, c’est sans doute à cause de l’image des chevaux en liberté au sein de l’écurie active, qui rappelle celle du troupeau au pré. Oui… mais ça n’a rien à voir !

Pour une écurie active, on considère qu’il faut entre 100 et 150 m² de sol stabilisé par cheval. Ce qui est finalement assez peu. Imaginez : vous pourriez faire tenir une écurie active parfaitement fonctionnelle sur une grande carrière.

Ensuite, la présence de pâtures est un plus (comme dans toute écurie « classique). Tout dépendra de votre gestion de l’espace disponible. Vous pouvez envisager de faire un pâturage tournant, par exemple, pour offrir une liberté supplémentaire à tous vos chevaux et poneys, même sur une petite surface.

4 – Écurie connectée = ondes dangereuses pour les chevaux

Parfois, certains propriétaires s’inquiètent de la présence de technologie au milieu du troupeau. Mais les automates ne propagent pas plus d’ondes dangereuses que la herse mécanique ou le tracteur que vous utilisez pour le foin. En effet, ils ne fonctionnent pas avec du Wifi mais par câble (RFID). Ils n’ont donc aucun impact sur les chevaux, les cavaliers ou les employés.

5 – S’ils vivent en troupeau, les chevaux se tapent et se blessent

Cette affirmation est vraie à l’état de nature, mais pas en écurie active. Pas plus qu’elle ne l’est dans une écurie « traditionnelle », dès lors que vous savez gérer votre troupeau. Mieux vous les connaissez, mieux vous savez gérer les relations entre individus. Et séparer les éléments qui ne s’entendent pas est d’autant plus simple qu’il suffit de quelques clics pour programmer les portes automatiques.

Mieux encore, les chevaux ont tendance à moins se blesser en écurie active que lorsqu’ils vivent en box. En effet, le troupeau y est plus calme et la hiérarchie établie. Les espaces de circulation comme les points d’attraction sont pensés pour qu’il n’y ait pas de zones dangereuses, d’angles où un cheval pourrait se retrouver coincé. Et en éliminant la frustration liée à l’alimentation, les chevaux sont moins stressés, plus calmes et dispos pour le travail.

Au contraire, ils ont tendance à jouer ensemble plus librement. Ce qui peut laisser, c’est vrai, de petites traces au niveau de l’encolure, par exemple.

6 – Un cheval en liberté devient mou et fainéant

Voilà une réflexion très anthropomorphique. L’idée selon laquelle « moins on en fait, moins on a envie d’en faire », qui s’applique sans doute aux hommes, ne correspond pas à la réalité d’une vie en écurie active pour un cheval.

L’erreur vient sans doute aussi du fait que propriétaire et cavalier sont habitués à trouver un cheval « vif » au box… Parce qu’il est en fait nerveux. Dès la sortie du box, le cheval a tendance à s’agiter : c’est qu’il manque de liberté de mouvement au cours de la journée.

En écurie active, les chevaux deviennent plus calmes, c’est certain. Pour autant, ils ne sont jamais « mous ». Au contraire, en ayant une alimentation régulière tout au long de la journée, ils ne souffrent plus de problèmes de digestion et sont beaucoup plus à l’aise pour travailler. Ils sont moins stressés et donc plus disponibles, répondent mieux à l’entraînement. Sans compter qu’ils passent leur journée à marcher : ils s’échauffent plus et se blessent moins.

Les effets sont bien visibles, de nombreux cavaliers professionnels voient la différence dans le travail !

7 – L’écurie active va me coûter beaucoup plus cher qu’une écurie normale

En tant que gérant, qui a pour projet de passer en écurie active, sachez que cette affirmation est fausse. La différence d’avec une écurie classique, c’est l’investissement de départ, qui dépend lui-même des installations que vous avez déjà et des aménagements que vous souhaitez ajouter. Le prix de départ varie si vous devez retravailler les sols (terrassement, stabilisation, évacuation des eaux, etc.), redessiner une écurie existante ou partir de zéro, acheter et installer les automates, créer une carrière, un manège, un rond de longe, équiper le site de barrières et de portes automatiques…

Mais une fois montée, votre écurie active vous permettra de réaliser des économies importantes sur de nombreux postes. Main d’œuvre, foin, entretien, sols… Mieux vous l’avez pensée dès le départ, moins cher elle vous coûtera, chaque jour.

Par ailleurs, si vous êtes propriétaire et cherchez une pension pour votre cheval, sachez que rien ne justifie un tarif de luxe pour une écurie active. En général, elles sont mêmes moins chères que la moyenne.

Pour aller plus loin, redécouvrez l’écurie active ici, ou testez vos connaissances sur l’écurie active avec ce quizz.